Yo!
Ah, Bogotá. Ça y est. L'Amérique du Sud. Ses contrées lointaines et ses promesses d'aventures. La Colombie, et tout ce qu'elle suggère... Mes premiers pas en tant que voyageur solitaire. Le grand grand saut, par opposition au petit grand saut, pour ceux qui suivent (ou peut-être était-ce le grand petit saut? AHA PIÈGE!). La fin du début. Le début de la fin. Bref. L'étape que je considère comme étant le véritable début de mon voyage.
Je quitte donc New-York le 20 Octobre, la tête pleine de souvenirs et le cœur plein d'émotions, pour un vol vers Bogotá avec escale à Fort Lauderdale. Et ouais. Je suis comme ça moi. Escale à Miami, keskya. Bon, en vrai, y'a quand même plus fun que de passer une nuit à errer dans un aéroport vide... Mais passons. J'arrive donc à destination le 21 (à une vache près hin, c'est pas une science exacte...) avec très peu de sommeil, et un début de stress. Et oui, mine de rien, entre ceux qui disent que la Colombie est un paradis sur terre, et ceux qui t'expliquent que c'est un pays de sauvages où le moindre bambin est blindé à la coke et prêt à t'égorger pour 50 pesos, je dois dire que je savais plus trop quoi penser. Mais envers et contre tout, armé de mon mental d'acier et de ma volonté de fer, je me suis forgé un chemin au sein de l'inconnu (Tu l'as? Pas mal hin?). Etant parano du taxi qui va t'amener dans une ruelle sombre pour te voler un rein, je me renseigne à l'aéroport pour faire le trajet vers mon auberge en transport en commun. Et en fait bah... Les gens sont coules. On me détaille le trajet, on est patient avec mon espaglais (espagnol + anglais, typique du gringo fraîchement débarqué), certaines personnes me demandent spontanément si j'ai besoin d'aide quand je cherche un peu mon chemin dans la rue... Bref, globalement, ça se passe bien. A un détail près : le colombien moyen est juste incapable de fournir un renseignement, ou une direction de manière claire et correcte. C'est un peu comme un jeu de piste en fait. Tu avances par mini étape, et à chaque fois tu re-demandes ton chemin pour confirmer que tu es dans la bonne direction, sinon tu ajustes. Sauf que les indices te parlent en espagnol très vite et parfois te racontent de la merde. Au final, j'arrive sans encombre à l'auberge Bellavista, quartier de la Candelaria, où je vais rester jusqu'à mon départ le 26 Octobre au matin.
En arrivant à Bogotá, je m'attendais à une ville d'Amérique du Sud, avec la chaleur qui va bien, le soleil radieux, les tongs en permanence, les cocktails sur la plage et les créatures de rêves qui se pavanent en maillot de bain... Sauf que j'ai oublié deux détails. Deux détails de taille. Pour commencer, la réalité, c'est souvent décevant. Et ensuite, l'altitude. Bawé, on est juste à un peu plus de 2500m en fait. Première réalisation : qd il fait soleil, tu crèves de chaud/tu crames, et dés qu'un nuage passe, tu te les pèles, sans parler du fait que le soir, tu te les re-pèles. Second choc : sentir ton cœur s'emballer quand tu montes une petite côte ridicule. Après ça tu évites de sortir la phrase "oh si ça va je suis assez sportif" pendant un certain temps. En conséquence, on apprend à se balader à un rythme tranquilo comme on dit par ici, du moins les premiers jours. En parlant de balade, se repérer est simple et compliqué à la fois. "Mais comment donc un tel paradoxe est-il possible??" t'écrieras-tu, jeune jouvenceau (ou jouvencelle, je suis pas sexiste) plein(e) d'entrain que tu es! Et bien, laisse moi t'expliquer... Les rues utilisent globalement le système de quadrillage nord américain. Elles sont donc numérotées, du nord au sud, et d'est en ouest par exemple. Ça c'est le côté simple. Le côté obscur de la force? Dans une direction on appelle ça calle, et dans une autre on appelle ça carrera. Les deux veulent dire rue ou avenue. Du coup c'est peut-être juste moi, mais j'ai passé mon temps à confondre les deux, c'était assez joyeux par moment...
La ville est divisée en quartiers, que les locaux connaissent et utilisent pour se repérer. J'ai logé dans celui de la Candelaria, mon auberge étant juste à côté de la place Chorro del Quevedo. Il s'agit d'une place situé en plein cœur du centre historique, connue pour la petite fontaine en son centre, censée être la première de Bogotá. Fun fact : cette place est à présent une place de hippie, relativement déserte en journée mis à part pour quelques performances d'artistes, puis blindée de gens assis par terre à fumer (pas du tabac), jouer de la musique, ou juste glandouiller le soir. Counter fun fact : il s'agit du tier-quar touristique le plus chaud de la ville. Par exemple en arrivant, on me débrief sur un plan comme quoi il ne faut pas dépasser telle rue à l'est, et telle rue au sud. "Hé mais la limite à l'est là, c'est pas la rue juste en sortant à droite?" "Si. Va pas plus loin." "Ah..." Premier soir, je sors de l'auberge, le proprio m'appelle : "Oui, alors surtout ne prends pas ton passeport, évite de prendre trop de cash aussi... Le mieux c'est de garder tes cartes à l'auberge et sortir avec juste ce qu'il te faut..." GROSSE AMBIANCE. Mais au final, avec un peu de bon sens (éviter les ruelles sombres et désertes, PAR EXEMPLE?), et probablement un peu de chance, je m'en suis sorti sans accroc. Je dis un peu de chance, puisqu'un couple d'amis rencontrés à l'auberge en a manqué légèrement. Rebecca & David, juste au mauvais endroit au mauvais moment. Un soir en rentrant, au détour d'une rue, un type leur met un coup de pression, lame à la main. Après avoir lâché les quelques pesos qu'ils avaient sous la main, ils sont partis en courant, et le mec a lâché l'affaire. Sympa pour leur dernière nuit en ville! Mais bon, plus de peur que de mal... Au delà de ces aspects peu aguicheurs, le quartier historique est vraiment typique, avec des rues pavées, les vieilles baraques aux façades blanchies contrastant avec des touches de couleurs flashy, des bâtiments historiques, des églises... Ça donne envie de laisser pousser la moustache pour se fondre dans le décor...
Au nord de la Candelaria, on trouve d'abord des quartiers populaires, pour pas dire pauvres, et plus on va au nord, plus on atteint des quartiers aisés, pour pas dire riches. Un quartier très sympa que j'ai pu visiter, Usaquen, est une sorte de petit marché plein air perché sur une butte, qui s'étend sur plusieurs rues autour d'une église et d'une place où il y a régulièrement des animations, concerts et spectacles. Autre visite intéressante, le Montserrate. C'est "juste" une colline/montagne qui surplombe la ville, avec un petit 3125m au dessus du niveau de la mer... Inutile de dire que la vue d'en est plutôt sympathique! Et en bonus, un petit détour dans le quartier festif de la ville, pour une soirée "Gringo Tuesday" dans une boîte plutôt sympathique...
Pour être honnête, j'ai pas spécialement visité à fond la ville, je me suis plutôt laissé porter par le courant pour les quelques jours où je suis resté. Mais j'ai testé deux activités que j'ai vraiment aimé : le Bogotá Bicycle Tour, et le Graffiti Tour.
Pour être honnête, j'ai pas spécialement visité à fond la ville, je me suis plutôt laissé porter par le courant pour les quelques jours où je suis resté. Mais j'ai testé deux activités que j'ai vraiment aimé : le Bogotá Bicycle Tour, et le Graffiti Tour.
- Le premier t'emmène dans des quartiers très différents de la ville, et te permet de voir différents aspects de celle-ci, ce qui est très utile pour prendre ses repères. En plus, on nous emmène dans des endroits vraiment coules, voir complètement insolites : une fabrique de café, où j'ai pu prendre un café colombien avec une tarte au fromage qui va bien (ils sont oufs ils mettent du fromage dans tout, le chocolat, le thé, le café... et en plus le fromage local est franchement pas top...), un marché local, pour goûter des fruits complètement inconnus au bataillon et pourtant tellement bons, le "Trash Museum", où un mec a décidé de dénoncer la société de consommation en n'achetant plus rien, et en vivant uniquement en accumulant des ordures (pour rentrer chez lui il faut passer par des rideaux dégueux, zigzaguer dans des monceaux d'objets récupérés, en se baissant, en faisant gaffe à rien toucher/bousculer... Bref, je suis resté un quart d'heure, j'ai discuté avec lui - il parlait français - mais très vite, le sentiment d'oppression se fait assez présent...), et pour finir en beauté, on teste une partie de Tejo! C'est quoi le tejo? Bah, un peu comme de la pétanque, mais avec des explosifs. VOILA BIENVENUE EN COLOMBIE ON FAIT TOUT PETER VAS-Y!!!! Non en vrai c'est bien marrant, le but est de balancer des palets de fonte sur un plateau d'argile sur lequel on a collé au préalable des petits triangles de papier bourrés de poudre à canon. Et qd on les touche, ça pète, et on est contents!
- Le Graffiti Tour quant à lui touche vraiment à un aspect culturel très important de Bogotá. De base, le graffiti est un moyen d'expression subversif que la population urbaine a souvent utilisé pour manifester son mécontentement. Et bah disons qu'ici, ils se sont bien fait plaisir de ce côté là... A un tel point que la ville est recouverte de muraux et de fresques créées par des artistes de rue. D'ailleurs, certains ont acquis une notoriété internationale, et en vivent. Par exemple en étant invité par Porsche ou Ferrari pour créer un design unique sur un modèle en série limité... Rien que ça... Bref, pendant ce tour, le guide nous explique énormément de choses sur les œuvres, que ce soit sur le plan technique ou sur le plan symbolique. Au passage, on apprend donc pas mal de chose sur l'histoire récente de la Colombie, et tous les trucs franchement pas très sympas qui se sont passées... Vraiment une belle balade que je recommande chaudement!
En conclusion, Bogotá a été une étape très agréable. J'ai pu commencé à me glisser dans mes bottes de voyageur avec cette entrée en matière assez douce, avec des rencontres très sympathiques, des expériences intéressantes, des découvertes culinaires (la chicha, une bière artisanale à base de maïs dont le visuel est clairement en deçà du goût, le ajiaco, une soupe de patates et de légumes avec du poulet, servi avec du riz, du maïs, des bananes et de l'avocat, les arepas, des galettes de maïs cuites au charbon et accompagnées de ce qu'on veut...)... J'entrevois ce que ce voyage me réserve, et certaines nouvelles questions s'ajoutent à celles que j'avais déjà. Un nouveau mode de vie, en somme. Mais à ce moment là, c'était encore bien trop tôt pour apercevoir des réponses...
Ah, et au fait, on m'a jamais proposé de cocaïne. Pas à moi directement, mais généralement à la personne avec qui je me balade. Je tâcherai de ne pas tirer de conclusions hâtives à partir de ce fait quelque peu vexant.
Next step, Santa Marta & la Ciudad Perdida...
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