Yo!
Toronto, Toronto... Que dire? Ça aura été une expérience... Mitigée. Non, mais c'est pas toi Toronto, c'est moi, vraiment. Je suis pas prêt tu comprends? Je sors d'une longue relation avec Paris, je traîne beaucoup de bagages... Je peux pas m'engager avec toi, j'ai envie de vivre ma vie, de me sentir libre un temps. Peut-être un jour, mais pas maintenant...
En tout cas, j'aurais vécu une période très intéressante à Toronto, du 13 au 21 Septembre. Avant toute chose... Un gros kiss à Aurore et Antoine, qui m'auront hébergé pour toute la durée de mon séjour dans cette ville. Merci à Belle et Bacon d'avoir accepté de me céder leur chambre. et de m'avoir fait profiter de leurs poils un peu partout dans mes oreillers, draps, linge sale (ou propre)... Promis si un jour je mange vos cousins félins, vous je vous épargne.
Par où commencer? Par le début connard Il est important de préciser que Toronto est la première grande ville nord américaine de mon périple. Du coup, premier temps d'adaptation nécessaire... Notamment en terme de distances, et de trajet. Sur Paris, c'est généralement pas trop monotone de se balader. Des petites rues, des courbes, des virages, des impasses... L'architecture, l'ambiance change au rythme des priorités à droites, et on peut facilement oublier vers où on va pour peu qu'on lève les yeux pour apprécier où on est. A Toronto? Des énormes lignes droites, le règne suprême du damier, et Pythagore peut bien aller se faire foutre. Tu veux changer d'ambiance? Attends le bloc suivant, manant. D'ailleurs, un bloc, c'est facilement 200-300m, donc pour aller du point A au point B à pied, faut prévoir des talons aiguilles solides. Attention, je ne dis pas que c'est mauvais! C'est juste un autre style. En contrepartie, JAMAIS à Toronto je me suis perdu. Peu importe l'heure, la météo, ou l'alignement des planètes. D'ailleurs, c'est la première ville où je me suis repéré avec exactitude grâce aux soleil, en mode "Hmmm, il est quelle heure? Ok, le soleil est où? Ah, donc ça c'est le sud-est, et là je suis à cette rue? Ok bon bah c'est par là donc...", Bear Grylls style. Sinon, les gens sont qd même hyper civilisés. Polis. Et franchement, ça rends zen... Pas besoin de se stresser, pas de reloo qui essaie de (te) gruger... Franchement, ça change des barbares latins que je fréquentais jusque là... Oui petit lecteur, tu peux te sentir visé. Dixit le mec qui rédige cette vanne en relisant son texte... Braif.
Et sinon, la ville à proprement parler vaut le détour! Dans les coins qui m'ont marqué, et dans le désordre sans numéro complémentaire, on a :
- La cathédrale Saint Jacques, avec ses jardins pleins d'écureuils et de gens qui promènent leurs chiens.
- Le St Lawrence Market, un marché couvert super sympa, aménagé avec des terrasses en extérieur pour profiter en plein air de ce qu'on achète! Détail kitu : les fromageries m'ont rendu triste. Oui, quand plus de la moitié de leurs produits sont juste différentes variétés de cheddar... Mon côté frenchie pleurt des larmes de sang.
- China town. Hé, faut bien manger pas cher et rapide de temps en temps, on fait avec les valeurs sûres...
- Les quais aménagés avec des parcs, des bouts de plage... Juste trop bien pour se poser et glandouiller!
- Kensington Market, aka LA rue/zone hipster par excellence. Non mais y'avait qd même un resto fusion cuisine thaï et hongroise, la base. Oui je suis sérieux. Et bien sûr des coffee shop et boutiques de smoothies vegan/sans gluten de fruits bios locaux de commerce équitable cueillis à la main par des enfants portant des couronnes de fleurs et arrosés à la rosée du matin récupérée sur les edelweiss naturelles du quartier. Et des moustaches. Et en vrai, la limonade au concombre, c'est super bon. Non j'ai pas honte, j'ai kiffay, et je me sens plus sain dans mon corps tu vois, j'avais besoin de ce petit boost detox. Tu peux pas comprendre.
- Distillery district, un ancien quartier de distillerie (merci Captain Obvious) ré-aménagé en restos, zone à festivals... Typiquement ils avaient installé un écran géant sur la grand place pour rediffuser des match de hockey en prévision de la coupe Stanley... Petit coin sympa pour une balade rapide.
- Queen's Park, un très joli coin de verdure, où j'ai adoré me poser (encore avec des écureuils) pour bouquiner, entre autres.
A côté de ça, je réserve un petit paragraphe juste pour les chutes du Niagara. Oui, c'est fait et refait, je sais. Mais si t'es pas content t'as qu'à passer au paragraphe suivant. Na.
Déjà, la ville autour des chutes... A éviter. C'est kitsch, c'est vieillot, c'est creux... C'est l’exubérance touristique des années 70 par excellence. Le but est donc de trouver un parking, et tracer direct vers les chutes. Après, on peut choisir de rester en hauteur sur le promontoire, ou descendre dans les traverses pour s'en rapprocher, ou y aller au plus près carrément en bateau. J'ai opté pour rester au sec, très clairement, je tiens à mon brushing, normal. Sur le promontoire, il faut bien sûr se frotter à tous les touristes, et guetter un spot pour pouvoir se poser et apprécier la vue. Et là...
Je dois avouer avoir pris une bonne claque. C'est bête, mais voir une scène de cette envergure, ça met les choses en perspectives. De voir quelque chose d'aussi imposant, immense, impressionnant, mais en même temps aussi... Évident? Simple? Serein...? Je suis tellement la tête dans le guidon, tellement obnubilé par certaines choses ces temps-ci, ce petit taquet naturel m'a permis de me rappeler qu'en fait, quelque part... On s'en fou. Bref. Les chutes du Niagara, c'est coule. Et c'est très reposant de pouvoir être juste dans le contemplatif...
Mais Toronto, c'est pas que des bouts de rues, des quartiers, ou des panoramas! C'est aussi plein d'expériences coules! S'incruster sur un campus universitaire pendant un marché/festival et profiter de leurs stands de bouffe... Faire une Zombie Mud Run, survivre aux hordes de zombies ninja et surmonter des obstacles incommensurables, pour finalement découvrir que la Gatorade, c'est vraiment dégueu... Tester Tim Hortons, l'institution canadienne par excellence... Voir sa vieille grand-mère qu'on a pas vu depuis très (trop) longtemps et avoir un pincement au coeur, devenir gaga devant ses nièces/neveux alors que je passe mon temps à dire que j'aime pas les gosses... Se poser et "bosser" sur son PC dans un café hipster en mangeant des donuts frais! C'était mes premiers pas au sein d'un autre style de vie, et c'était plutôt fun. Pardon. C'était plutôt le fun, comme diraient les francophones du coin...
Pour conclure, je dirais que cette expérience de Toronto reste malgré tout... Mitigée. Ouais je me répète, mais c'est une licence poétique, la boucle est bouclée. C'est pas faux. J'y ai vécu des trucs géniaux, mais malgré tout j'étais pas dedans. Le côté un peu trop grande ville trop neuve y est pour quelque chose, mais c'est surtout beaucoup d'éléments personnels qui m'auront empêché d'en garder un souvenir sans tâche d'ombre. Trop de choses en tête, trop de réalisations soudaines... Je saisis de plus en plus l'ampleur de ce qu'il m'arrive, tout ce que ça implique. Et c'est quand même bien flippant.
...
Ou alors, c'est peut-être parce-que vraiment, y'a plein d'asiats à Toronto. Genre VRAIMENT plein. Du genre 13ème-arrondissement-plein. Putain de chinois...
Next step, Montréal...




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